Economie

Jeux de hasard au Gabon : l’État veut serrer la vis sur un secteur longtemps laissé sans contrôle.

L’Assemblée nationale s’est penchée ce mercredi sur le projet de loi visant à mieux encadrer les jeux de hasard au Gabon, un secteur en pleine explosion mais longtemps marqué par un vide réglementaire et une surveillance jugée insuffisante.

Présenté devant la Commission de la Planification, des Affaires économiques, de la Production et du Développement par le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, le texte prévoit la ratification de l’ordonnance n°0010/PR/2025 du 30 décembre 2025 relative à la réglementation des jeux d’argent et de hasard.

Pour le gouvernement, cette réforme apparaît comme une nécessité face à la montée en puissance des paris sportifs, casinos virtuels et autres plateformes numériques qui attirent chaque jour davantage de jeunes Gabonais.

Derrière cette volonté de modernisation, les autorités reconnaissent implicitement les limites du dispositif actuel, incapable jusqu’ici de suivre l’évolution rapide du secteur.

Le ministre de l’Intérieur a défendu une réforme destinée à renforcer le contrôle de l’État sur les activités de jeux, tout en rappelant le principe du monopole public prévu par la Constitution.

Mais au-delà du discours officiel, plusieurs observateurs estiment que cette reprise en main intervient tardivement, alors que les jeux en ligne se sont déjà largement imposés dans les habitudes de consommation.

Les autorités mettent également en avant la nécessité de protéger les populations contre les risques d’addiction, particulièrement chez les mineurs.

Un argument qui soulève toutefois des interrogations, tant les campagnes de sensibilisation et les mécanismes de prévention restent encore peu visibles sur le terrain.

Autre enjeu évoqué : la prolifération des plateformes étrangères opérant sans véritable contrôle local. Le gouvernement redoute notamment des pratiques de fraude, de blanchiment d’argent et une fuite des revenus générés par ces activités numériques.

Une situation qui met en lumière les difficultés persistantes de l’État à réguler efficacement l’économie numérique.
À travers ce projet de loi, l’exécutif cherche aussi à sécuriser les recettes fiscales issues du secteur des jeux de hasard, devenu particulièrement lucratif ces dernières années.

Reste désormais à savoir si cette réforme permettra réellement d’assainir le marché ou si elle se limitera à un simple renforcement administratif sans impact concret sur les dérives observées.

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